Le Train, comment ça roule (pas bien) ?

Avant la SNCF, créée en 1938, il existait des compagnies privées autonomes et c’était le bazar ! Et pourtant le Gouvernement souhaite y revenir !

La SNCF sabotée

Depuis quelques années la SNCF est séparée en deux entités : la SNCF Réseau (ex. RFF) qui entretient les lignes existantes, la SNCF Mobilité qui s’occupe du matériel roulant et exploite ce réseau.
La SNCF Mobilité paye des « péages » à chaque passage à la SNCF Réseau comme n’importe quel opérateur privé souhaitant exploiter les infrastructures ferroviaires. C’est que le réseau doit financer les dépenses pharaoniques liées aux lignes TGV… et pouvoir proposer ses lignes prochainement à des opérateurs en mobilité privés ou étrangers.
Le démantèlement a déjà eu lieu pour la SNCF Fret il y a une décennie, et c’est une catastrophe… Le transport de marchandises sur rail est proche de la disparition en France (la gare de Die a vu disparaître le fret il y a quelques années), alors que tous les voyants écologiques sont au rouge et devraient l’exiger , les opérateurs raflent les marchés et ont tiré les prix vers le haut…
Ces opérations de démantèlement sont préconisées au niveau européen et connaissent ici leur aboutissement avec le trafic voyageurs grandes lignes, transports express régionaux (nos TER) et lignes de proximité.

Le deal entre SNCF et régions

Le gouvernement Jospin a confié aux régions la gestion des TER, sans lui donner les budgets qui vont avec… L’inégalité territoriale s’accentue : entre régions riches (celles qui peuvent payer et développer leur réseau comme l’Alsace ou l’Ile de France) et régions pauvres (voir le réseau auvergnat…) ;  entre petites lignes et lignes expresses régionales. La direction de la SNCF ne se sent pas obligée vis à vis de ses régions clientes : des lignes ne sont pas ou peu entretenues (accident de Brétigny-sur-Orge, allongements des temps de trajets comme entre Die et Briançon) et nécessitent alors des travaux faramineux s’il est décidé de les rénover. Pour payer ces travaux (et pour faire payer le statut particulier des cheminots, la bonne excuse) la SNCF rackette littéralement les régions en surfacturant tranquillement ses prestations (un autocollant régional sur un TER : 100 000 euros!). Les régions démissionnant complètement de leur engagement de service public en dénonçant cet état de fait. Résultat : ce n’est de la faute de personne, mais c’est l’usager qui paie la facture !
Il faut remettre le système qui lie les régions à l’opérateur réseau à l’endroit !
Exiger tant des régions, entre autres Auvergne Rhône-Alpes et Grand Sud qui gèrent la ligne Valence-Briançon, que de la direction de la SNCF qu’elles remplissent leurs missions et nouent un partenariat non conflictuel.

La SNCF déficitaire, c’est très grave ?

Non, la SNCF a toujours été déficitaire, c’est un choix politique de construire et de faire fonctionner un réseau ferré. On parle d’externalités positives : santé, pollution de l’air, le bénéfice est de long terme.
La France s’est développée au siècle dernier avec le développement de son réseau ferré. Cependant la dette de la SNCF est très largement due à la construction de nouvelles lignes de TGV (1 par président, 4 pour Sarkozy). Les grandes lignes priment, elles génèrent des fantasmes de développement (voir Les Tuche 3!) chez certains élus, qui parfois obtiennent « leur » gare TGV : bientôt une troisième Gare TGV en Drôme à  Allan  – inutile ! Financée par la Région, au détriment du reste de l’équipement, quand la Gare de Die -vitale- est menacée de fermeture !

Et le cheminot privilégié, c’est de sa faute tout ça ?

Le statut des cheminots s’est construit socialement au cours des décennies : le corps cheminot a su faire reconnaître les spécificités des métiers qu’il englobe, horaires particuliers, distances, pénibilité. C’est cela qui est attaqué, essentiellement pour des raisons idéologiques : le fonctionnaire est méchant et toxique selon les libéraux de tous bords ! Revendiquons tous plus de droits spécifiques et adaptés à nos situations de travail, plutôt que de vouloir retirer ceux des voisins, loin d’être aussi exorbitants que ce dont on nous rabat les oreilles ! On pourra éprouver un certain dégoût à voir dans le même temps le cheminot accusé de tous les maux et M Bernard Arnault (4ème fortune mondiale) exonéré d’ISF…
Mais reprenons notre train : nous avons donc vu plus haut que la dette de la SNCF n’est pas due au statut de cheminot mais à une gestion et des dépenses calamiteuses.

Alors, le lien avec notre ligne de Die ?

Evident !!! Un fonctionnement ferroviaire tourné vers ses missions de service public ne ferait pas payer aux lignes de proximité comme la nôtre les inconsistances gestionnaires du réseau général !