Train, Hôpital : même monde, même combat !

crédit photo : oab.fr

Le Diois est un petit territoire rural, fort de ses singularités, fragile dans son équilibre. Quoiqu’en pense le Préfet de la Drôme, il ne souhaite pas devenir une réserve d’Indiens ni un territoire abandonné au bénéfice d’une métropolisation grandissante. Les services publics jouent ici un rôle stabilisateur primordial. Aussi est-il est logique que citoyens, élus, usagers se sentent concernés par leur devenir et s’investissent sur ces questions.

Un patent vide démocratique

Notre ligne de train et notre hôpital ont en commun ce rôle structurant. Pourtant les décisions se prennent ailleurs. Pour le train les régions Sud PACA et AURA, l’État, et la SNCF décident ce qui est bon pour nous, pour l’hôpital l’ARS, l’État et l’hôpital de Valence font et défont. Des syndicats essaient de se faire entendre, des citoyens lancent des alertes -même si on leur enjoint parfois de se taire- des élus locaux sont parfois consultés. Rien n’y fait : peu à peu nos services publics sont déshabillés et ne reste alors qu’à « gérer » (diviser) les parties en présence : monter des personnels contre des citoyens, des personnels contre des personnels, montrer du doigt les défenseurs de ces services comme s’ils étaient responsables de l’incurie des autorités soi-disant compétentes !!! Et c’est parti pour qu’une pure logique comptable s’applique !

Il nous faut un autre pilotage des décisions.

Mêmes remèdes casses

Pour les défenseurs d’une extrémiste logique « comptable », pour tous ces libéraux qui nous gouvernent depuis des années, un service public est toujours trop cher, surtout en milieu rural. Comme si l’utilité des biens communs était une marchandise… Comme si les femmes et hommes qui le font vivre étaient toujours trop nombreux, toujours trop cher payé.e.s ! Et la qualité des services baisse inévitablement : à l’hôpital des services ferment, d’autres fonctionnent en sous-effectifs, des postes essentiels sont en souffrance ; tandis que nos gares se dépeuplent d’humains, que les trains sont rarement à l’heure, que les cadences ne sont pas adaptées à nos besoins, etc. Et pourtant, l’usager voit sa note grimper sans cesse !

Les usagers, les cheminots, les personnels de santé, s’épuisent… Pas de problème, revoilà le coup de la baguette magique, la diversion : ici la promesse d’un nouvel écrin riquiqui (sans suppression de services, sans suppression de postes ? Sûr ? Ah-ah !), là de gros travaux nécessaires sur la ligne, une borne automatique de billets et la wifi-dans-le-train-de-nuit (mais peut-être alors regarderons-nous souvent les trains passer depuis une gare fantôme)…

Stop ! Nous (usagers, personnels, habitant.e.s du territoire) voulons être pleinement associés aux décisions qui concernent nos vies tout entières.

Une autre organisation du territoire

Si le train nous importe, c’est aussi parce qu’il véhicule une promesse d’aménagement du territoire raisonnable écologiquement. Coordonné aux déplacements doux le train est un mode de déplacement alternatif crédible au tout-voiture. Il nécessite moins d’emprise au sol, moins de routes, de parkings, invite à la concentration et non à l’étalement urbain. Tout l’inverse du projet de nouveau bâtiment pour l’hôpital de Die, qui déplacerait 300 emplois hors de la ville, sur des terres agricoles où la voiture deviendrait indispensable pour s’y rendre… Habiter dans un monde commun, c’est construire un territoire en phase avec son milieu et son temps.